Les candidats de René-Levesque face au chômage
À l’approche des élections provinciales, nous avons voulu savoir comment les différents candidats de la circonscription de René-Lévesque se positionnent face aux problèmes récurrents touchant les travailleurs saisonniers de leur région. Nous avons posé 5 questions pour savoir si les 4 candidat.e.s en lice reconnaissent la situation des travailleurs(euses) de l’industrie saisonnière régionale comme un enjeu aussi provincial que fédéral, et s’ils sont prêts à intervenir politiquement et à exercer des pressions soutenues afin d’obtenir des changements structurels.

Bien que l’assurance-emploi relève officiellement de la compétence fédérale, ses lacunes structurelles entraînent des répercussions directes, concrètes et durables sur les responsabilités du Québec. Ces impacts touchent notamment les domaines du développement régional, de la lutte à la pauvreté, de la santé, du logement, de l’emploi et de la rétention de la main-d’œuvre. Sur la Côte-Nord, région dont l’économie repose largement sur le travail saisonnier, l’inadéquation du régime d’assurance emploi constitue un enjeu structurel qui fragilise les communautés, accroît la précarité et transfère une part importante des coûts sociaux vers les programmes provinciaux.

Q1 : Vous considérez-vous comme bien informé(e) des enjeux reliés au régime de l’assurance-emploi, particulièrement en ce qui concerne les travailleurs(euses) de l’industrie saisonnière?
Kevin Grenier, candidat de Démocratie directe : Mon parcours comme bûcheron et travailleur de la construction nourrit ma sensibilité à ce dossier. Lorsque le travail s’arrête, les factures, elles, continuent d’arriver. Une famille ne devrait pas se retrouver sans soutien parce que la saison de travail est terminée.
Odette Lavigne, candidate du Parti Québecois : Pour être honnête, je me considère moyennement informée des enjeux liés au régime d’assurance-emploi, particulièrement en ce qui concerne les travailleurs et travailleuses de l’industrie saisonnière. J’ai eu la chance de prendre un moment avec Line Sirois pour discuter de ce dossier, mais je crois que je dois encore m’informer. Pourquoi? Parce que la réalité de la Côte-Nord est particulière. Je comprends que plusieurs secteurs de notre économie dépendent d’emplois saisonniers et les périodes « entre deux saisons » font partie de la réalité de nombreux travailleurs et travailleuses. Ces personnes ne choisissent pas d’être sans emploi pendant ces périodes. Elles vivent une réalité propre à leur secteur d’activité et à leur région.
Je crois qu’il est essentiel que toutes les politiques publiques tiennent compte des réalités régionales, particulièrement celles de la Côte-Nord. Ainsi, le régime d’assurance-emploi doit donc mieux tenir compte de cette réalité.
Philippe C. Boudreau, candidat de Québec Solidaire : Je me considère peu informé: pour être bien informé, il faut subir ce que les travailleuses et les travailleurs subissent année après année ou encore les accompagner depuis longtemps. Ça ne m’empêche pas d’être sensible à leur réalité et je veux en savoir plus pour mieux les aider.
Yves Montigny, candidat de la Coalition Avenir Québec : Je me considère bien informé des enjeux reliés au régime de l’assurance-emploi, particulièrement en ce qui concerne les travailleurs et travailleuses de l’industrie saisonnière.
Notre économie régionale repose en bonne partie sur des secteurs saisonniers comme la pêche, le tourisme, la foresterie et plusieurs services. Ces emplois sont essentiels à la vitalité de nos communautés. Pourtant, les personnes qui les occupent vivent chaque année la même insécurité : le trou noir, cette période où les prestations prennent fin avant le retour de la saison.
Il fait partie d'un ensemble de facteurs qui représentent un frein à l'attractivité de la région. Quand des travailleurs qualifiés ne peuvent pas compter sur un revenu stable toute l'année, plusieurs finissent par partir, et nos entreprises peinent à recruter. C’est un enjeu que je comprends et que je prends très au sérieux.

Q 2 : Quel que soit le parti auquel vous appartenez, seriez-vous prêt(e) à appuyer les efforts d’Action-Chômage Côte-Nord et de divers autres organismes dans votre circonscription, en vue d’obtenir une refonte du régime d’assurance-emploi qui soit plus favorable aux travailleurs de l’industrie saisonnière?
Philippe C. Boudreau : Oui!
Yves Montigny : Oui, je suis prêt à appuyer les efforts d'Action-Chômage Côte-Nord et des autres organismes qui travaillent à améliorer le régime d'assurance-emploi pour les travailleuses et travailleurs de l'industrie saisonnière.
L’assurance-emploi relève des compétences fédérales, mais il est tout à fait dans notre intérêt d’utiliser les canaux et leviers possibles pour contribuer à ce que ce régime soit régionalisé et adapté à nos réalités régionales.
Odette Lavigne : Oui, sans hésitation. Je crois profondément à la collaboration lorsqu’il est question de défendre les intérêts de notre région. Comme députée, j’ai à représenter tous les citoyens. Ainsi, je serai prête à faire les représentations nécessaires auprès des différents paliers de gouvernement.
Kevin Grenier : Même si ce régime relève du fédéral, je considère qu’un député provincial doit porter les préoccupations de ses citoyens auprès du gouvernement du Québec. Si je suis élu, je suis prêt à appuyer vos démarches et à demander au ministre québécois responsable du Travail d’intervenir auprès de son homologue fédéral pour soutenir ces revendications.

Q3 : Seriez-vous prêt(e) à entreprendre des démarches auprès du (de la) ministre du Travail du Québec pour qu’il(elle) exerce des pressions auprès du ministère de l’Emploi et du Développement social du Canada en vue d’un abaissement du seuil d’emploi assurable pour les travailleurs saisonniers?
Odette Lavigne : Oui. Comme future députée, je dois représenter les citoyens de la circonscription, et pour moi, il va de soi que je serais prête à entreprendre des démarches auprès du ministre ou de la ministre du Travail du Québec afin que le gouvernement du Québec exerce les actions nécessaires dans ce dossier. Oui, le régime d’assurance-emploi relève du gouvernement fédéral mais cela ne signifie pas que le Québec doit rester silencieux lorsque les décisions fédérales ont des conséquences importantes sur nos travailleurs et nos communautés. Je m’engage à porter cette voix et à faire les représentations nécessaires pour que la réalité de la Côte-Nord soit entendue à tous les paliers de gouvernement.
Kevin Grenier : Mon allégeance va aux citoyens. Cela implique de les écouter, de défendre leurs demandes et de leur rendre compte des démarches entreprises.
Yves Montigny : Oui, je suis prêt à entreprendre des démarches auprès du ministre des relations canadiennes, responsable des ententes avec le gouvernement fédéral et auprès du ministre de l’Emploi et de la solidarité sociale, responsable des services complémentaires des prestataires d’assurance-emploi au Québec.
Il fait partie de nos leviers d’agir comme porte-parole de sa circonscription et de ses besoins. Le gouvernement provincial peut jouer un rôle pour faire valoir les besoins de ses régions auprès du gouvernement fédéral.
Je souhaite évidemment le faire en collaboration avec Action-Chômage Côte-Nord, afin que les démarches s'appuient sur la réalité concrète des travailleurs de notre région.
Philippe C. Boudreau : Oui!

Q 4 : Appuyez-vous les quatre principales revendications d’Action-Chômage Côte-Nord?
Élimination du calcul selon le taux de chômage
Norme universelle de 420 heures de travail ou 12 semaines de 15 heures
Taux de prestation de 70% sur les 12 meilleures semaines
35 semaines de prestations pour tous
Kevin Grenier : Oui, j’appuie les quatre principales revendications d’Action-Chômage Côte-Nord
Philippe C. Boudreau : Oui à toutes!
Odette Lavigne : Oui, j’appuie personnellement les quatre principales revendications d’Action-Chômage Côte-Nord. Pour moi, ces revendications sont une question d’équité. Les travailleurs ne devraient pas être pénalisés parce qu’ils oeuvrent dans des secteurs où la saisonnalité fait partie de la réalité économique de notre région.
Yves Montigny : Oui, il est clair que ces revendications reflètent les enjeux vécus ici sur la Côte-Nord.
Je suis d’accord qu’il faut permettre aux travailleurs et travailleuses saisonniers de la Côte-Nord de la sécurité et de la prévisibilité dans leur emploi. J’appuie aussi la mise en place de mesures permanentes, car je suis conscient que les mesures temporaires créent un sentiment d’inquiétude et ne contribue pas à l’attraction et la rétention de citoyens sur le territoire.
Les mesures offertes par le gouvernement fédéral par l’entremise de l’assurance-emploi doivent tenir compte des réalités de chaque région dans l’ensemble du pays.

Q 5 : Seriez-vous prêt à devenir membre d’Action-Chômage Côte-Nord?
Philippe C. Boudreau : Non, car j’ai l’intention d’être élu député le 5 octobre et à ce titre, je vais me défaire de toutes mes adhésions dans un souci de transparence. Cependant, je continuerai d’appuyer la cause. Advenant ma défaite le 5 octobre, je m’engage à devenir membre.
Odette Lavigne : Oui, je serais prête à devenir membre d’Action-Chômage Côte-Nord.
Yves Montigny : Si je suis réélu, dans le contexte des fonctions de député, je ne deviendrais pas membre d’Action-Chômage Côte-Nord. Je reste toutefois sensible et engagé envers la mission de l’organisme ainsi que des autres organismes qui œuvrent auprès des Nord-côtiers et des nord-côtières.
Je continuerai d’appuyer la mission de l’organisme, notamment en maintenant la collaboration et les échanges. Dans les dernières années, j’ai notamment soutenu l’organisme par l’entremise du programme de soutien à l’action bénévole. Je salue d’ailleurs les efforts constants de l’équipe ont permis des avancées.
Kevin Grenier : Oui
Ces questions leur ont été soumises le mardi 8 septembre et ils y ont répondu par écrit. Nous avons reproduit ici leurs réponses en intégralité. Merci à chaque candidat pour son écoute et ses réponses.




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