Journée mondiale de la justice sociale : le climat creuse encore les inégalités
- 20 févr.
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Conférence de presse commune à Forestville, jeudi 19 février, à la veille de la Journée mondiale de la justice sociale. Action-Chômage Côte-Nord était aux côtés de la Table des groupes populaires de la Côte-Nord, du Regroupement des femmes de la Côte-Nord et de l'APIC Haute-Côte-Nord pour dénoncer la hausse des inégalités dans la région.
Ces organismes sonnent l’alarme : la crise climatique et la crise sociale s’alimentent mutuellement, pendant que l’écart entre les plus riches et les plus vulnérables continue de se creuser.
« L’écart entre les riches et les pauvres est tellement rendu large que les gens qui sont du côté de la classe moyenne et des plus démunis ne sont plus capables de suffire aux besoins de base comme se loger, se nourrir, s’habiller, etc. Tout est démesuré et ce qu’on constate, c’est qu’il n’y a aucune mesure de contrôle qui est mise pour arrêter l’hémorragie », affirme Michel Savard, coordonnateur de la Table des groupes populaires de la Côte-Nord.
Les travailleurs saisonniers vulnérables
Les organismes soutiennent que le dérèglement climatique n’est plus une menace abstraite. Il a des effets concrets sur les finances des ménages. Et parmi les plus touchés, on trouve notamment les femmes, et les travailleurs de l'industrie saisonnière!
« Les changements climatiques ont des effets concrets sur le travail saisonnier, mais aussi sur l’ensemble des travailleurs. Les feux de forêt perturbent le tourisme et forcent des fermetures temporaires, tandis que les changements dans la nourriture disponible en mer affectent directement la pêche et les emplois qui en dépendent », mentionne Line Sirois, coordonnatrice d’Action chômage Haute-Côte-Nord. Le système d’assurance-emploi, mal adapté à la réalité régionale, rend extrêmement vulnérables les travailleurs de ces secteurs et accentue l’instabilité des revenus.
Des solutions fiscales existent!

Michel Savard rappelle que plusieurs solutions fiscales concrètes et équitables permettant d’augmenter considérablement les revenus de l’État afin de réaliser ses missions les plus fondamentales et de répondre aux besoins réels de la population. Instaurer un impôt sur le patrimoine du 1% des plus riches, réinstaurer la taxe sur le capital pour les institutions financières, augmenter le nombre de paliers d’imposition pour rétablir une plus grande progressivité, imposer davantage les gains en capital, s’attaquer aux paradis fiscaux, etc, et revenir à la cible de réduction des gaz à effet de serre (GES) à l'ancienne cible de réduction de 37,5 % par rapport aux niveaux de 1990 d'ici 2030. Les moyens existent, il ne manque que la volonté politique.
Longtemps perçu comme un modèle à l’international en matière de justice sociale, le Québec voit aujourd’hui ce modèle fragilisé, mis à mal par des années de sous-financement et de choix politiques qui creusent les inégalités. Pour sauver ce qu’il en reste et surtout pour le remettre en selle, il est urgent de financer adéquatement les services publics, les programmes sociaux et l’action communautaire autonome.
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