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Action-Chômage apporte des cennes noires à Ottawa pour demander la fin du trou Noir

  • il y a 1 jour
  • 4 min de lecture

Action-Chômage Côte-Nord était à Ottawa mardi 25 mars, avec une délégation d’une vingtaine de personnes, pour porter les jarres de sous noirs et livrer un message clair au ministre des Finances : il y a urgence d’agir pour nos régions ! 

Autour d’un point presse soutenu par les députés du Bloc Québecois, l’Alliance interprovinciale de l’assurance-emploi, composée de syndicats et de groupes communautaires pour la défense des sans-emplois dans tout l’Est du pays, a exigé une réforme majeure de l’assurance-emploi et des mesures urgentes pour soutenir les travailleuses et travailleurs de l’industrie saisonnière.



Un système qui abandonne nos régions

Avec cette campagne, Action-Chômage visait à sensibiliser le grand public et les décideurs politiques sur la problématique du « Trou Noir », ce moment sans revenus entre la fin des prestations d’assurance-emploi et le retour au travail pour les travailleurs de l’industrie saisonnière.



Lors du point presse qui se déroulait dans le foyer du Parlement, l’Alliance interprovinciale a réclamé une réforme en profondeur de l’assurance-emploi afin d’en élargir l’accès et de mieux contrer les aléas du travail saisonnier. À court terme, elle a demandé la prolongation et l’amélioration du projet-pilote qui prend fin en octobre 2026 et octroie cinq semaines supplémentaires de prestations aux travailleuses et travailleurs de l’industrie saisonnière. Les différents groupes demandent que cette mesure soit non seulement maintenue, mais pérennisée et bonifiée de 15 semaines.


« En apportant nos cennes noires au ministre Champagne, on veut rappeler que le problème du “trou noir”, ce n’est pas un problème financier ni une fatalité, mais un manque de volonté politique. Les 15 semaines supplémentaires dont bénéficieraient les travailleuses et les travailleurs de l’industrie saisonnière ne coûteraient qu’une cenne par 100 $ de revenu. Alors, voici les cennes : on attend maintenant l’action politique ! », déclare Fernand Thibodeau, porte-parole de l’Alliance interprovinciale de l’assurance-emploi.

Des travailleuses et travailleurs laissés pour compte

Québec, Nouveau-Brunswick, Nouvelle-Écosse ou Terre-Neuve : partout dans l’Est du Canada, les personnes qui occupent des emplois essentiels à l’économie régionale (pêche, transformation du poisson, foresterie, construction, tourisme, pourvoiries, lutte contre les incendies) se retrouvent chaque année sans revenu pendant plusieurs semaines à cause de paramètres administratifs mal adaptés aux réalités des régions.

Des travailleuses et travailleurs de l’industrie saisonnière et des membres de l’Alliance sont venus témoigner pour que les députés comprennent la réalité vécue en région :


« Le système d’assurance-emploi actuel nous abandonne complètement. On exige des heures impossibles à atteindre et on réduit nos prestations avec des calculs injustes. Les travailleuses et travailleurs de la mer méritent mieux », témoigne Mandy Symonds, de la Nova Scotian Seasonal Workers Association.

« On fournit le bois, le poisson et une destination touristique au Québec. On aime notre travail. Tout ce qu’on demande, c’est de pouvoir passer l’hiver dignement », souligne Audrey Boulianne, travailleuse de l’industrie saisonnière à Tadoussac



« Les travailleuses et travailleurs saisonniers méritent un régime d’assurance-emploi qui tienne compte de leur véritable saison de travail et de la stabilité de l’emploi dans leur région, et non des taux en constante évolution. Il est essentiel de moderniser l’assurance-emploi et d’y ajouter des mesures de soutien en cas de crise pour protéger les communautés rurales et côtières », rappelle Johan Joensen, représentant de Fish, Food and Allied Workers Union (FFAW-Unifor) à Terre-Neuve-et-Labrador.

Faire entendre la voix des régions aux ministres

Pour l’Alliance, la question dépasse largement l’assurance-emploi : elle touche à l’avenir des régions. Sans solution, préviennent les organisations, les communautés côtières et rurales continueront de se vider, fragilisant des pans entiers de l’économie canadienne. Les solutions existent, elles sont abordables — il ne manque que la volonté politique.



Pour cette raison, Action-Chômage a tenté, sans succès, de confier les milliers de cennes noires récoltées à l’équipe du ministre des Finances, François-Philippe Champagne et tenté, sans succès, de rencontrer la ministre du Travail, Patty Hadju afin de lui faire part de nos préoccupations. Une discussion a toutefois pu avoir lieu avec des représentants du gouvernement fédéral, soit Michael Danzer, conseiller du Québec auprès de la ministre du Travail, Patty Hajdu, ainsi que Miles Wu, conseiller principal en politique responsable du dossier de l’Assurance‑emploi. Une rencontre virtuelle particulièrement décevante a finalement eu lieu quelques jours plus tard avec la ministre Patty Hadju.


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