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INDUSTRIE SAISONNIÈRE ET GUERRE COMMERCIALE

  • il y a 8 heures
  • 3 min de lecture



Alors qu’il annonce une série de mesures de soutien aux travailleurs(euses) affecté(e)s par la guerre commerciale avec les États-Unis, le gouvernement fédéral oublie ENCORE UNE FOIS d’adopter des politiques distinctes et concrètes pour venir en aide aux employé(e)s de l’industrie saisonnière régionale. Pourtant, s’il est un groupe qui risque d’avoir besoin d’aide, c’est bien celui-là.

Pour faire face aux mises à pied et aux pertes d’emploi anticipées, le gouvernement a décidé de prolonger les mesures temporaires déjà en place concernant le délai de carence, les indemnités de cessation d’emploi et les semaines supplémentaires pour les travailleurs(euses) de longue date. Il annonce, par ailleurs, sa décision de limiter temporairement les exclusions en cas de départ volontaire et de rétablir des mesures mises en place pendant la pandémie de COVID-19. Celles-ci impliquent notamment que l’on tiendra compte dans l'admissibilité et le calcul du taux de prestation pour une réclamation d'assurance-emploi, de toutes les heures et les gains assurables au cours de la période de qualification. Tout cela est très bien. Merci M. Carney!


Le revers de la médaille

En arrière-plan de ces décisions, apparaît cependant une autre réalité : pour bénéficier des mesures annoncées, il faut encore répondre à des critères d’admissibilité plus complexes les uns que les autres et complètement déconnectés de l’actuel marché du travail dans nos régions. Une grande part des travailleurs(euses) de l’industrie saisonnière vont donc continuer de tomber entre les mailles du filet et foncer tout droit vers le « trou noir » de l’assurance-chômage.

La réalité du terrain

Au contraire des grands centres où les marchés sont ouverts à l’année, ainsi que des collectivités industrialisées offrant des emplois permanents, les périodes de travail en région s’étirent et raccourcissent au gré des saisons, de l’achalandage ou de la température. Chez nous, les travailleurs(euses) de l’industrie saisonnière régionale sont autant, sinon plus susceptibles d’être affectés par la guerre commerciale qui s’amorce. Voici pourquoi.


L’imposition de tarifs de part et d’autre de la frontière canado-américaine pourrait avoir un impact majeur sur l’industrie saisonnière qui risque de voir chuter ses chiffres d’affaires : moins d’activités forestières, moins de production de bois d’oeuvre, moins de ventes de crabes, de homards et autres produits de la mer et – pour cause d’inflation ou peut-être même de récession – moins de touristes dans nos hôtels, nos restaurants et nos croisières aux baleines. De mesures gouvernementales inadéquates en programmes éphémères et temporaires, la situation des travailleurs(euses) de l’industrie saisonnière ne s’est améliorée qu’au compte-goutte au cours des dernières années. Mais c’est une pluie torrentielle qui risque maintenant de nous tomber dessus, et nous ne sommes pas équipés pour y faire face.

Des mesures adaptées et équitables

Sur la Côte-Nord, l’inquiétude est croissante. Alors que depuis des années, nos travailleurs(euses) sont aux premières lignes du combat que mènent les chômeurs(euses) partout au pays pour obtenir des changements au régime de l’assurance-emploi, Ottawa tente à nouveau de nous reléguer au second plan. Pour contrer cette situation, il est urgent que le gouvernement fédéral prête enfin l’oreille aux recommandations de son propre appareil gouvernemental (rapport du bureau du CAEC) ainsi qu’aux revendications qu’Action-Chômage ne cesse de proposer :


  • Élimination du calcul selon le taux de chômage

  • Norme universelle de 420 heures de travail ou 12 semaines de 15 heures

  • Taux de prestation de 70% sur les 12 meilleures semaines

  • 35 semaines de prestations pour tous


 
 
 

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